CHAUSSURES DE SÉCURITÉ : GUIDE COMPLET POUR BIEN CHOISIR
Bien choisir ses chaussures de sécurité, c'est se protéger efficacement tout en restant à l'aise au travail.
La chaussure de sécurité est l’EPI le plus porté en France. Elle doit répondre à des contraintes opposées : être suffisamment robuste pour protéger contre les risques professionnels, et suffisamment confortable pour être portée huit heures par jour, cinq jours par semaine, pendant plusieurs années. Ce guide vous aide à faire le bon choix selon votre métier et votre environnement de travail.
Les chaussures de sécurité sont réglementées par la norme EN ISO 20345, qui définit les exigences minimales de protection, les marquages normalisés et les méthodes de test à respecter. Comprendre ces codes est indispensable pour comparer les modèles et choisir en connaissance de cause.
Les catégories de chaussures de sécurité (SB, S1, S2, S3)
La lettre « S » suivie d’un chiffre indique la catégorie de la chaussure. Plus le chiffre est élevé, plus la protection est complète. Chaque catégorie intègre les caractéristiques de la précédente et en ajoute de nouvelles.
SB : la base commune à toutes les chaussures de sécurité
SB est le point de départ. Toute chaussure portant la norme EN ISO 20345 doit au minimum offrir :
- Une coque de protection des orteils résistant à un choc de 200 joules et à un écrasement de 15 kN
- Une résistance au glissement sur carrelage mouillé (classe SRA) ou acier huilé (SRB)
La catégorie SB seule est rarement suffisante en conditions réelles — elle sert surtout de référence de base.
S1 : l’entrée de gamme polyvalente
S1 ajoute à SB trois caractéristiques importantes : zone fermée au talon (pas de lanière ouverte), absorption d’énergie au talon (réduit la fatigue), et propriété antistatique (évite l’accumulation de charges électrostatiques). C’est la catégorie minimum recommandée pour la plupart des environnements de travail intérieurs.
Pour un usage quotidien polyvalent, cette chaussure Uvex S1 ESD SRC offre un bon rapport confort/protection avec une résistance antistatique renforcée.
S1P : S1 avec insert anti-perforation
S1P reprend toutes les caractéristiques de S1 et ajoute un insert anti-perforation dans la semelle, obligatoire dès lors que l’on travaille dans un environnement avec risque de percement par des clous, vis ou objets tranchants. Indispensable sur les chantiers de BTP.
S2 : résistance à la pénétration de l’eau
S2 = S1 + la norme WRU (résistance à la pénétration et absorption de l’eau au niveau de la tige). Adapté aux personnes travaillant dans des environnements humides sans être constamment dans l’eau : agroalimentaire, nettoyage industriel, extérieur par temps de pluie occasionnelle.
S3 : la protection la plus complète pour chaussures basses
S3 = S2 + S1P. C’est la catégorie qui combine résistance à l’eau de la tige et insert anti-perforation. Elle est recommandée dans la plupart des environnements exigeants : BTP extérieur, logistique avec chariots élévateurs, industrie lourde.
Emblématique de la catégorie S3, ce modèle Elten S3 ESD associe embout composite, insert anti-perforation et résistance à l'humidité avec un excellent confort de marche.
S4 et S5 : les bottes de sécurité
S4 et S5 désignent des bottes intégralement en caoutchouc ou en polymère, entièrement étanches. S5 correspond à S4 + insert anti-perforation. Elles s’imposent dès que les pieds sont immergés ou exposés à des projections massives de liquide.
Les marquages complémentaires à connaître
Au-delà des catégories S1 à S5, des marquages additionnels précisent des protections spécifiques. Ils apparaissent après la catégorie dans la dénomination de la chaussure (ex : S3 ESD CI SRC).
| Marquage | Protection apportée |
|---|---|
| WR | Résistance à l’eau de la chaussure entière (plus exigeant que WRU) |
| HRO | Semelle résistant au contact avec une surface à 300°C pendant 1 min |
| HI | Isolation thermique de la semelle contre la chaleur (150°C) |
| CI | Isolation thermique de la semelle contre le froid (-17°C) |
| ESD | Dissipation des charges électrostatiques (plus strict que antistatique) |
| E | Absorption d’énergie au talon renforcée |
| FO | Résistance aux hydrocarbures (huile, fuel) |
| AN | Protection contre les entailles à la cheville |
| SRC | Meilleure résistance au glissement (combinaison SRA + SRB) |
Cette Jallatte S3 ESD CI SRC illustre bien l'accumulation de marquages : antistatique ESD, isolation contre le froid CI, et antidérapance maximale SRC — idéale pour les environnements froids et humides.
Matériaux : tige et semelle
La tige
La tige est la partie supérieure de la chaussure. Elle détermine la respirabilité, la résistance à l’eau et la durabilité.
- Cuir pleine fleur : durable, naturellement respirant, s’entretient bien. Référence pour un usage intensif quotidien.
- Cuir nubuck ou velours : confortable mais demande plus d’entretien et moins résistant à l’humidité.
- Synthétique : plus léger, souvent moins cher, respirabilité variable. Adapté pour les usages légers.
- Mesh et textiles techniques : très respirants, confortables, mais moins résistants à l’abrasion — plutôt pour les environnements propres.
La semelle
La semelle extérieure assure l’antidérapance, la résistance à la perforation et les propriétés thermiques.
- Caoutchouc : antidérapance élevée, résistance à la chaleur, bonne durabilité. Incontournable pour les environnements salissants ou chauds.
- Polyuréthane (PU) : léger et confortable, bonne absorption des chocs. Moins résistant à la chaleur que le caoutchouc.
- Double densité PU/caoutchouc : combine légèreté (couche PU) et résistance extérieure (caoutchouc). Fréquent sur les modèles milieu et haut de gamme.
Choisir selon son secteur d’activité
BTP et travaux extérieurs : S3 minimum (anti-perforation + résistance eau), SRC pour l’antidérapance, et HRO si travaux près d’asphalte chaud ou de soudure.
Industrie et logistique : S1P ou S3 selon le niveau d’humidité, ESD si travail près d’équipements électroniques sensibles.
Agroalimentaire : S2 ou S3 avec WR (résistance eau totale), FO si contact avec huiles alimentaires, SRC sur sols carrelés mouillés. Voir notre guide sur les chaussures pour l’agroalimentaire.
Électricité et environnements haute tension : chaussures spécifiquement isolantes (norme EN 50321, classe 0 à 4), différentes des chaussures de sécurité classiques.
Ces KS Tools isolées EN 50321 sont conçues pour les travaux sous tension électrique, avec isolation classe 0 et coque de protection. Un cas d'usage très spécifique qui requiert un équipement dédié.
Chambres froides : CI pour l’isolation du froid, WR pour l’humidité, SRC sur sols gelés ou mouillés.
Pour les environnements les plus exigeants, ces Gaston Mille SBP HRO WRU combinent résistance thermique, étanchéité et semelle isolante — un modèle professionnel haute performance.
Les critères de confort
La protection ne suffit pas : une chaussure de sécurité mal adaptée entraîne fatigue, douleurs et, à terme, absentéisme. Voici les éléments de confort à vérifier :
- Pointure : toujours essayer avec ses chaussettes de travail, avec un demi-pointure de marge pour les orteils. Une chaussure trop serrée comprime les orteils contre la coque — très inconfortable.
- Largeur : certaines marques proposent des largeurs différentes (W, XW). Inutile de forcer si votre pied est large.
- Système d’attache : lacets classiques, lacets à système rapide, ou fermeture Velcro/BOA pour les profils qui chaussent et déchaussent souvent.
- Doublure : respirante pour les environnements chauds, thermo-isolante pour le froid.
- Poids : chaque 100 g de moins sur une chaussure représente une différence sensible au bout de 8h de marche.
Pour maximiser le confort, il est fortement conseillé d’associer ses chaussures de sécurité à des semelles intérieures adaptées et à des chaussettes de travail de qualité.
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